“3 sur 20” ou “c’est pas la taille qui compte” ou “very big business act”

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3 sur 20, c’est la note qui nous a été attribuée dernièrement dans le cadre d’une consultation d’un grand donneur d’ordres au regard du critère « moyens humains ».

Le coup est rude pour une entreprise qui a justement fait des « moyens humains » l’un de ses éléments différenciants et l’un de ses atouts majeurs.

Que voir derrière cette note ?

Dans l’absolu, rien d’autre que ce qu’elle signifie de façon brute, à savoir que sur le critère du nombre de collaborateurs susceptibles d’intervenir dans le cadre du marché visé, là où nous avons répondu en dizaines, d’autres ont indiqué des centaines, voire des milliers d’intervenants. Une simple formule mathématique a ensuite fait le reste, et nos moyens humains ont récolté un 3 sur 20.

Cela aurait d’ailleurs pu, et du, être pire, puisque cette note a en réalité été attribuée au groupement que nous avions décidé de former avec un partenaire. Comme nous étions un peu plus gros, ou moins petit, que ce dernier, notre note propre se situe entre 1,5 et 2 sur 20.

 

Faut il s’en émouvoir ?

Après tout les règles étaient connues et nous avons été bien présomptueux de vouloir jouer dans la cour des grands. A ceci près malgré tout que le marché en question était nullement un marché de volume. Il ne s’agissait absolument pas de produire des centaines ou milliers de jours/hommes par an, ce qui de fait nous aurait écarté, mais de réaliser quelques études et prototypes complexes.

Ayant la faiblesse de penser que nos expériences conjuguées à celles de notre partenaire nous rendaient pleinement légitimes, légitimité confortée par le fait que nous avions déjà l’un et l’autre (bien) travaillé pour ce client, nous nous permettons donc de nous émouvoir un moment de cette note et du critère qui l’a motivée.

Nous touchons là l’une des réalités qui font de l’économie des services du numérique une économie somme toute encore jeune et par bien des points immature, avec :

  • un poids démesuré confié aux acheteurs versus les opérationnels
  • des critères d’achat et donc de décision parfois incohérents vis à vis des enjeux réels
  • des critères simplistes à l’extrême (nombre de collaborateurs, prix journalier) qui font la part belle aux « grands » acteurs et aux « moins disants » financièrement
  • un système où tellement de termes sont galvaudés (« consultant », expert ») qu’ils ont perdu tout sens, et introduisent une grande confusion
  • un système structuré par de grandes entreprises, les fameuses SSII, appellation qu’elles ont d’ailleurs  abandonnée pour se rebaptiser ESN (Entreprises de Service du Numérique), laissant au passage le « I » d’Ingénierie qui aurait pourtant du être leur fierté
  • etc, etc

 

C’est ainsi, il faut apprendre à composer avec ces règles et ce système. L’amertume de la note sera vite oubliée.

Peut être même aurons nous l’occasion, nous ou un autres mauvais élève, de travailler au final dans le cadre de ce marché, quand la société retenue ne trouvera pas l’expertise idoine au sein de ses « moyens humains ».

Laurent Blondon Author: Laurent Blondon

Plus de 20 ans dans l'économie du logiciel.
Ingénieur de formation, ayant participé aux tous premiers projets Objet en France puis aux prémices du MDA, avant d’exercer d’autres rôles (formateur, commercial, manager), et de prendre part à de très belles réussites d’entreprises.
Un temps client d'ekito, observateur attentif de son projet novateur, finalement rejoint début 2010.
Pour contribuer à faire vivre et développer son modèle d'expertise technologique et d'innovation organisationnelle.
Et l'ambition de faire d'ekito l’entreprise de référence pour tout architecte, agiliste, expert, passionné, et impliqué ; le lieu incontournable de réussite des projets technologiques ambitieux.

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One Comment

  1. A force de chercher des moyens humains, ils trouveront des humains moyens
    😉

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